Sex ratio en FIV et ICSI

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95-99 *

2000


Le sex ratio est le rapport Garçon sur Fille observé à la naissance. Naturellement ils naient 51 garçons pour 49 filles d'ou un sex ratio naturel de 1,04

Introduction

Lors du rapport Fivnat précédent, une différence significative de sex ratio avait été mise en évidence entre les FIV conventionnelles (8005 enfants) et les ICSI (5760 enfants), avec une diminution dans ce dernier groupe (0,97 vs 1,12, p<0,01). Cette différence a déjà été rapportée dans diverses études internationales, sans qu'une attention particulière y soit portée. C'est pourquoi il était intéressant d'utiliser la base Fivnat, en prenant en compte de manière plus fine l'origine du sperme.

Patientes et méthodes

Pour cette étude, ont été retenues toutes les naissances issues des ponctions de 1995 à 1998, et pour lesquelles les données néonatales avaient été rapportées et le lien avec la ponction dont elles étaient issues pouvait être établi. Ont ensuite été exclues de l'étude les fécondations réalisées avec du sperme congelé, du conjoint ou de donneur, par souci d'homogénéité. Ainsi cette étude porte sur 10526 naissances , 5782 FIV et 4744 ICSI. Ces dernières se décomposaient, selon l'origine du sperme, en 4410 utilisant du sperme éjaculé, 204 du sperme épididyme déférentiel et 130 du sperme testiculaire. L'analyse a porté sur la comparaison des proportions de fille et de garçons selon l'origine du sperme. Parmi les ICSI avec sperme éjaculé, 3767 avaient été faite pour indication masculine et 643 pour indication " ovocytaire ". L'analyse a été faite dans un premier temps avec des chi2 puis avec un modèle multilogistique pour prendre en compte plusieurs facteurs de confusion (année de ponction, et le nombre d'enfants de la grossesse.

Résultats

L'étude retrouve une diminution nette du sex ratio dans les ICSI, même avec sperme éjaculé, les filles étant plus nombreuses que les garçons (Sex ratio=0,99 vs 1,12). Le sex ratio est encore plus diminué si le sperme est d'origine chirurgicale. Lorsque l'on analyse les grossesses uniques, le sperme testiculaire est associé au sex ratio et le plus bas (0,71). La différence entre sperme testiculaire et sperme épididymaire n'est pas observée pour les grossesses multiples. En analyse multivariée, en prenant en compte la multiplicité, on retrouve, par rapport aux FIV, une diminution des odds ratio de garçons en cas de sperme éjaculé (OR=0,89 ; 0,82-0,96), de sperme épididymaire (OR=0,67 ; 0,50-0,90) et testiculaire (OR=0,74 ; 0,52-1,07). L'année de ponction et la multiplicité ne sont pas associées au sex ratio.

Voire les tableaux de résultats

Conclusion

Cette différence a déjà été retrouvée dans plusieurs études, mais non soulignée. Elle pose des questions sur son origine, notamment le rôle de l'infertilité elle-même (transmission d'anomalies paternelles) ou des techniques d'ICSI. La gradation de l'effet du sperme éjaculé au sperme ponctionné serait plutôt en faveur de la première hypothèse. Dans ce cas, il faudrait envisager une augmentation de mortalité embryonnaire précoce ou une moindre fécondabilité des spermatozoïdes Y. En tout état de cause, elle demande à être confirmée sur d'autres échantillons.