ETUDE 31 : EVOLUTION DES GROSSESSES ICSI 1994 - 1996 : COMPARAISON AVEC LES GROSSESSES OBTENUES PAR FIV CLASSIQUE

Résumé
Matériel et méthodes
Résultats
Discussion
Conclusion
Tableau 1
Tableau 2
Tableau 3
Tableau 4
Tableau 5
Tableau 6
Tableau 7
Tableau 8
Tableau 9
Tableau 10

Etude réalisée par Antoine SAFFI (Clermont-Ferrand)

Supervisée par Christine Francannet, Jacques de Mouzon et Jean Luc POULY


Introduction

Le risque malformatif lié à l'ICSI a été largement évoqué. Les études belges sont rassurantes mais manquent de puissance pour mettre en évidence des différences peu importantes mais réelles. Un seul centre ne pourra a lui seul répondre à cette question.

FIVNAT qui dispose d'une partie importante des données française se devait de faire une telle étude.

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Matériel et méthodes
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Tableau 1
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Tableau 9
Tableau 10


Patients et Méthodes

Pour cette analyse, ont été incluses toutes les fiches grossesses parvenues à FIVNAT, consécutives à des ponctions réalisées entre 1994 et 1996, et pour lesquelles la relation entre la grossesse et la ponction dont elle était issue pouvait être établie. Au total, parmi les 11485 fiches informatisées, 9500 ont pu être reliées à la ponction dont elles sont issues. Ceci permet d'ailleurs de souligner le soin que les centres doivent porter à ce que les identifiants des fiches grossesses et des fiches ponctions soient identiques. Ces 9500 grossesses ont abouti à la naissance de 9110 enfants.

Les fiches analysées correspondaient à 2354 grossesses obtenues après ICSI (2332 enfants) et 7026 obtenues après FIV conventionnelle (6655 enfants). Les données des grossesses et des enfants ont été comparées entre les 2 groupes.

Dans une deuxième partie, les taux de malformations observées ont été comparés entre les 2 groupes. Une comparaison a également été établie avec les naissances spontanées, en utilisant les données de l'Institut Européen de Génomutations de la région Centre-Est. Ce registre concerne toutes les naissances des régions Rhône-Alpes et Auvergne, ainsi que de 3 départements de la région Bourgogne et du Jura, soit 417 286 naissances entre 1990 et 1993.

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Tableau 1
Tableau 2
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Résultats
(voir tableaux 1 à 10)

Le taux d'anomalies chromosomiques est multiplié par 3,7 dans les ICSI par rapport aux FIV (p<0,01), et par 2,6 par rapport au registre (p<0,01). Ceci est essentiellement dû à une augmentation des anomalies portant sur les gonosomes dont le taux est multiplié respectivement par 5,8 et 12,1. Cependant, le taux retrouvé après ICSI se rapproche du taux observé chez des adultes, ce qui module l'importance de cette augmentation. En effet, les anomalies des gonosomes ne sont diagnostiquées à la naissance que par un caryotype car leur phénotype est normal. Or cet examen est réalisé bien plus souvent en ICSI qu'en FIV classique et a fortiori qu'après une grossesse spontanée. Il faut aussi noter une augmentation significative des anomalies autosomiques lorsque l'on prend en compte les interruptions thérapeutiques de grossesse.

Les taux d'avortements spontanés et de grossesses extra-utérines sont inférieurs dans les grossesses obtenues par ICSI par rapport aux FIV classiques. Cela est au moins partiellement dû aux différences des caractéristiques des mères (plus jeunes et avec des trompes plus souvent perméables) en ICSI. Les taux d'interruptions médicales de grossesse sont très proche. Au total, plus de 80 % des grossesses ICSI ont abouti à un accouchement contre 75 % en FIV, (p<0,001).

Les taux de grossesses multiples sont très voisins, de même que les taux de prématurité et d'hypotrophie. Ces faits sont probablement à mettre en parallèle avec l'absence de différence du nombre d'embryons transférés. Il n'y a pas non plus de différence pour les taux de mortalité périnatale.

Le taux global de malformations observées à la naissance dans les grossesses ICSI (2,78 %) est supérieur à celui des grossesses FIV (1,98 %). L'étude comparative retrouve une différence significative avec un risque relatif multiplié par 1,43 (intervalle de confiance à 95 % : 1,09 &endash; 1,87).

Le pourcentage de malformations organiques semble plus élevé dans le groupe ICSI que dans le groupe FIV, essentiellement en ce qui concerne les malformations majeures (1,64 % contre 1,12 %), les mineures étant au même niveau. Cette augmentation est à la limite de la significativité (p = 0,06) avec un risque relatif multiplié par 1,5 pour le groupe ICSI. Les taux de malformations organiques sont significativement plus élevés que dans les grossesses spontanées du registre de génomutations (1,30 %), que ce soit pour les ICSI ou pour les FIV classiques. Parmi les organes atteints, on note essentiellement, après ICSI, une augmentation des malformations cardiaques, osseuses et des spina bifida, toutes multipliées par 3.

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Discussion

Au total, un certain nombre de données sont rassurantes, concernant les taux d'avortements spontanés, de grossesses extra-utérines, de prématurité et d'hypotrophie. Cependant, on note une augmentation de certaines malformations et anomalies chromosomiques à la naissance. Ces résultats demandent à être confirmés sur des effectifs plus grands, notamment en ce qui concerne l'analyse détaillée des malformations ou anomalies chromosomiques, et il paraît indispensable de collecter des données sur au moins 10000 enfants ICSI pour avoir une puissance d'analyse suffisante. En effet, il faut aussi considérer que les enfants conçus par ICSI ont certainement été examinés de plus près que les autres et que, enfin, le nombre de tests statistiques étant important, certains résultats significatifs peuvent être le simple reflet du hasard.

 

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Conclusion

Au total, et de manière pratique, si un doute persiste quant à l'inocuité totale de l' ICSI, cette étude permet de retenir un taux de malformation un peu plus élevé mais qui reste modéré et accpetable. Cependant, ce risque ne peut pas être balayé de la main.

Aussi les
recommandations logiques découlant de cette étude sont le suivantes :
-Continuer à recuillir les données de la façon la plus complête et la plus précise pour pouvoir donner une réponse définitive dans 3 ou 4 ans
-Prévenir les couples qu'un doute subsiste.
-Dépister systématiquement le risque malformatif (échographie détaillée, HT 21 ...)

*Au vue du taux de risque d'anomalies chromosomiques, il ne parait pas justifier de proposer une amniocentèse en cas d'ICSI avec sperme éjaculé.

 Les données de ces études appartiennent à l 'ensemble des membres de FIVNAT. Toute reproduction écrite ou orale de ces données doit mentionner leur origine.