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HISTORIQUE |
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Le
diéthylstilbestrol (DES) est apparu pour la première
fois dans la littérature médicale en 1946. Cet oestrogène de synthèse non
stéroïdien a été utilisé en France entre 1948 et
1977 chez les femmes enceintes pour prévenir les avortements spontanés et les
hémorragies gravidiques. Il a été commercialisé à partir de 1948 sous les
noms de spécialités Distilbène® et Stilboestrol-Borne®.
Le traitement
est rapidement proposé pour d'autres indications qui dépassent les fausses
couches avérées ou leur prévention, telles que diabète, ou toxémie
gravidique. Le travail
du Docteur Dieckman à Chicago paru en 1953, indique
une absence d’efficacité du Distilbène* en
prévention des fausses couches du 1er trimestre, comparé au placebo. Ces
conclusions passeront cependant inaperçues pour de multiples raisons. Il semble
qu’au total, bien que le nombre exact de femmes enceintes ayant pris le DES
ne soit pas connu, 4 millions de femmes en aient absorbé aux USA ; en Europe
les prescriptions ont été extrêmement diverses selon les pays puisque 200 000
prescriptions sont relevées par les études françaises et corroborées par les
chiffres du laboratoire et seulement 8000 en Angleterre. C’est aux USA, qu’en 1971 les premiers
cas de cancers du vagin chez des jeunes filles exposées in utero au D.E.S. ont été révélés. Le DES a été interdit par la Food and Drug
Administration dans tous les usages obstétricaux. En France, l’indication
« avortements spontanés à répétition » a été supprimée en du
dictionnaire Vidal des médicaments en 1976 seulement, et la contre-indication
d’utilisation chez la femme enceinte a été notifiée en 1977. En 1977, le Docteur Kauffmann
fait la 1re description des anomalies utérines suspectées d’être liées à
l’exposition au Distilbène in utero. En 1981, le
Docteur Herbst détaille les accidents de la
grossesse fréquents chez les filles exposées au DES. Depuis, diverses complications génitales et obstétricales
de l’exposition au D.E.S. pendant la grossesse ont
été observées chez les enfants exposés in utero et ont fait l’objet d’informations
successives, notamment par la diffusion de publications médicales dans les
revues spécialisées, puis sous forme de brochures informatives destinées aux
professionnels de santé, puis au public. Ce
problème reste d’actualité pour plusieurs années encore. Sur les 200
000 mères françaises, on estime que 160 000 enfants sont nés, compte tenu du
risque d’avortement évalué à 20 % dans la population générale. 80 000
filles et autant de garçons ont donc été exposés in utero. Le pic de
prescription se situe de 1964 à 1974. Les femmes exposées les plus âgées ont
aujourd’hui 50 ans alors que les plus jeunes atteindront la quarantaine en
2016 seulement.. Les effets sur la 2ème génération en terme de
conséquences obstétricales chez les filles pourront donc être observés
pendant encore une quinzaine d’années. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le
schéma ci-dessous donne une idée de la répartition dans le temps sur un échantillon.
Il permet de se rendre compte de son risque en fonction de son année de
naissances.
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